Utopia


 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Viol et abus sexuel.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Last.blessing
Linked by Fate Wolf.
[♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ]

avatar

Messages : 173
Date d'inscription : 16/10/2010

Feuille de personnage
Etoiles collectees:
0/100  (0/100)
Informations sur votre personnage:

MessageSujet: Viol et abus sexuel.   Dim 17 Oct - 2:08

Ce n'est pas un topic sur la maladie, mais beaucoup de personnes, y compris sur ce forum, ont subi de telles agressions.
Et cela peut arriver à n'importe qui.

Je vais essayer de faire un post sur le sujet le plus complet possible,
mais si vous voyiez des informations intéressantes que j'aurais oublié, n'hésitez pas à compléter.


LOIS, PRESCRIPTIONS, DÉFINITIONS


    Le viol est un crime. Les autres agressions sexuelles sont des délits.

    1) Le viol :

    « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. » Article 222.23 du Code Pénal.

    -> « Tout acte de pénétration sexuelle » = c'est ce qui distingue le viol des autres agressions.
    -> « de quelque nature qu'il soit » = c'est-à-dire toute pénétration sexuelle : vaginale, anale (sodomie), orale (fellation) ou pénétration par la main ou des objets.
    -> « commis sur la personne d'autrui » = un homme, une femme, un enfant, connu ou inconnu, appartenant ou non à la famille. Viol extra-familial, incestueux, conjugal.
    -> « par violence, contrainte, menace ou surprise » = moyens employés par l'agresseur pour imposer sa volonté, au mépris du consentement de la victime. L'absence de consentement qualifie le viol.

    La victime d'un viol dispose d'une durée de 10 ans pour porter plainte.
    Au delà, il y a prescription (aucune poursuite n'est plus possible).

    Si le viol a été commis alors que la victime était mineure au moment des faits, la prescription se compte à partir de la majorité de celle-ci et elle a été portée à vingt ans par la loi nº 2004-204 du 9 mars 2004 (elle était auparavant de 10 ans) : la victime peut donc dans ce cas porter plainte jusqu'à l'âge de 38 ans .

    Le viol est jugé aux assises.

    Nb : La jurisprudence de 1984 indique que la fellation imposée est un viol. Cependant, celle de 2001 indique désormais qu'une fellation faite par l'agresseur sur la victime est une agression sexuelle et une fellation faite par la victime sur l'agresseur est un viol.

    2) Les autres agressions sexuelles :

    Il s'agit d'atteintes sexuelles commises avec violence, contrainte, menace ou surprise. Elles ne sont pas toutes définies avec précision mais concernent par exemple des tentatives de viol (sans pénétration), des attouchements, masturbation, prises de photos ou visionnages pornographiques sous la contrainte. Il peut autant s'agir d'actes que l'agresseur pratique sur sa victime que d'actes qu'il contraint sa victime à pratiquer sur lui.

    L'exhibition sexuelle, imposée à la vue d'autrui, dans un lieu accessible aux regards du public, est également un délit.

    Le harcèlement dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle en abusant de l'autorité conférée par une fonction est aussi puni par la loi.

    Les agressions sexuelles autres que le viol ont une durée de prescription de trois ans.

    Cependant, si la victime était mineure au moment des faits, la prescription de trois ans se compte à partir de la majorité de la victime et elle est portée à 10 ans en cas de circonstances aggravantes.

    Les agressions sexuelles autres que le viol sont passibles du Tribunal Correctionnel.

    3) Circonstances aggravantes :

    Pour le viol et les autres agressions sexuelles, des circonstances aggravantes sont définies par la loi, lorsque l'agression est commise :

    - sur un mineur de moins de 15 ans
    - sur une personne vulnérable, en raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité ou d'une déficience physique ou psychique ou d'un état de grossesse
    - par un ascendant légitime, naturel ou adoptif (inceste) ou par tout autre personne ayant autorité sur la victime
    - par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions
    - avec menaces ou usage d'une arme
    - par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteurs ou de complices (viol collectif)
    - et lorsque l'agression est accompagnée de tortures ou qu'elle a entraîné mutilation, infirmité ou mort.

    4) Déqualification :

    Devant la justice, lorsque les preuves sont insuffisantes, certains viols sont parfois déqualifiés en "agressions sexuelles", ou même en "coups et blessures" et correctionnalisés (c'est-à-dire jugés par le Tribunal Correctionnel au lieu des Assises).

    5) Porter plainte en France :

    Il existe deux façons de porter plainte :

    1) Vous pouvez porter plainte à la police ou à la gendarmerie.

    - Essayez de vous y faire accompagner. Vous serez entendu par un officier de police judiciaire (OPJ).
    - L'OPJ enregistre votre plainte et rédige un procès-verbal de vos déclarations que vous aurez à signer. Un viol, une agression sexuelle sont des crimes ou des délits graves, ils ne relèvent pas d'une simple "main courante" sur le registre de la police.
    - Malgré le souci de mieux accueillir les victimes, le rôle premier de la police et de la gendarmerie est de recueillir par l'interrogatoire les éléments nécessaires pour établir les faits et pour retrouver l'agresseur.
    - L'OPJ est chargé de s'assurer de tous les éléments qui prouvent l'agression et des détails qui prouvent la contrainte subie par la victime, de vérifier la véracité de ses dires et de relever tous les renseignements qu'elle peut donner sur l'agresseur. L'OPJ ne peut pas refuser d'enregistrer votre plainte.
    - Ceci explique la longueur de cette première démarche : quelques heures et parfois une journée entière. Pour vous ces démarches sont pénibles. Demandez à être entendue dans un endroit calme et, si vous le désirez et si c'est possible, par une femme ou en présence d'une femme.
    - Donnez tous les détails de ce que vous avez subi : le piège prémédité par l'agresseur, ses menaces, la contrainte, la peur qui paralyse, le viol, les sévices, les paroles insultantes qui l'ont accompagné, et toutes circonstances que vous avez notées sur le lieu, l'heure, le visage de l'agresseur, ses paroles, ses gestes, sa voiture … les témoins éventuels.
    - En revanche, vous pouvez ne pas répondre à des questions concernant votre vie privée, si elles sont sans rapport avec les faits, telles que : "Avez-vous des amants ?" ou "De quand date votre dernier rapport sexuel ?" Écrire votre déposition avec une description de l'agresseur, avant de rencontrer l'OPJ, peut être bénéfique.
    - Avant de signer la déposition rédigée par l'inspecteur, relisez-la attentivement et refusez de signer un document qui ne décrirait pas l'agression telle que vous l'avez vous-même relatée avec vos propres mots. N'hésitez pas éventuellement à la faire compléter.
    - Dans certaines villes, la police ou la gendarmerie vous conduira dans un service hospitalier spécialisé d'urgences médico-judiciaires où vous trouverez gratuitement accueil, soins, examens et conseils.
    - La police et la gendarmerie sont tenus de transmettre votre plainte au Procureur de la République.

    2) Vous pouvez porter plainte en écrivant directement une lettre au Procureur de la République.

    Vous le ferez par lettre recommandée avec accusé de réception, datée et signée, adressée au Tribunal de Grande Instance de votre département, précisant :
    - votre adresse et votre état civil
    - le récit détaillé des faits (date, lieu, circonstances du viol)
    - la description de l'agresseur, et en y joignant le certificat médical et tous les éléments de preuve.
    - pour écrire cette lettre, vous pouvez vous faire aider par un avocat. Il existe des conseils juridiques gratuits auprès de certaines mairies ou dans les bureaux d'aide aux victimes.

    Ce qu'il faut savoir quand on porte plainte :

    Dans notre droit, toute personne accusée de crime reste, jusqu'au moment du jugement, présumée innocente et a droit de ce fait à une défense. Le violeur sera désigné par les termes de prévenu, suspect, ou accusé. Il sera toujours accompagné d'un avocat.

    En portant plainte, vous informez la justice et vous déclenchez une procédure dans laquelle vous avez le rôle de témoin.

    Pour pouvoir participer à part entière à la procédure, non pas seulement comme témoin mais avec les mêmes droits que la personne mise en examen, vous devez vous constituez partie civile.

    Se constituer partie civile :

    En vous portant partie civile (action civile), vous n'êtes plus devant la justice un simple témoin mais une victime qui demande des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi : préjudice corporel (frais médicaux), préjudice moral des conséquences du viol dans votre vie quotidienne, préjudice matériel (perte de salaire). Vous pouvez demander le remboursement des frais d'avocats et autres frais occasionnés par le procès (art. 371.1 et 475.1 du Code de Procédure Pénale).

    - Cela vous permet de prendre un avocat par qui vous aurez accès au dossier d'instruction, dossier qui prépare le procès. Vous connaîtrez ainsi les éléments que l'agresseur utilisera pour sa défense.
    - Vous pouvez vous portez partie civile à tout moment de la procédure par simple lettre au Doyen des juges d'instruction ou au juge saisi de l'affaire ou par lettre recommandée adressée au tribunal 24 heures avant audience ou en vous présentant personnellement à l'audience.
    - La procédure pour viol dure environ deux ans. Il est essentiel que vous soyez accompagnée et soutenue à toutes les étapes par une personne de confiance.

    Les mesures de sécurité :

    Par mesure de sécurité, surtout si vous avez subi des menaces, il est important de garder le secret de votre adresse. Demandez tout de suite au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie que votre nom et votre adresse ne soient pas communiqués à des journalistes mais surtout que l'agresseur ne puisse pas en avoir connaissance par l'intermédiaire de son avocat. Faites vous domicilier chez quelqu'un de votre choix ou chez l'avocat dès que vous vous porterez partie civile. Vous pouvez contacter :

    - les bureaux ou les associations d'aide aux victimes (on en trouve auprès de chaque tribunal)
    - les associations de lutte contre le viol
    - le téléphone de SOS VIOLS

    La commission d'indemnisation des victimes :

    - elle peut, dès avant le procès, accorder des avances pour les préjudices subis
    - elle peut indemniser les victimes lorsque l'agresseur n'est pas retrouvé ou lorsqu'il n'est pas solvable, à condition d'avoir porté plainte et quel que soit le résultat du procès
    - il faut saisir la commission dans les trois ans qui suivent l'infraction, délai prorogé jusqu'à un an après la décision de la juridiction qui statue définitivement.

    Si vous n'êtes pas décidé à porter plainte :

    Votre décision d'aujourd'hui peut ne pas être définitive. Mais plus vous attendez, plus il sera difficile de retrouver votre agresseur. De plus, vous vous exposez à ce que la police ou la gendarmerie ou les juges vous demandent pourquoi vous avez attendu si longtemps avant de déposer plainte. L'établissement des preuves deviendra de plus en plus difficile.

    C'est pourquoi, si dans l'immédiat vous ne vous ne sentez pas prête à effectuer une telle démarche, écrivez pour vous-même ou enregistrez sur un magnétophone avec la plus grande précision possible ce dont vous vous souvenez (lieux, paroles entendues, bruits, actes, …) : cela pourra vous être d'une aide précieuse si vous décidez d'intenter une action en justice quelques jours ou quelques années après l'agression.

    Quelqu'un, peut-être dans votre entourage, saura vous aider. Souvent, il vous faudra chercher ailleurs que parmi vos proches la personne qui vous croira, qui saura que lorsqu'une personne dit non, c'est non, qu'elle n'a ni provoqué ni consenti, mais que la peur, la surprise, les menaces étaient trop fortes.

    Renseignements supplémentaires sur les délais de prescription :

    En ce qui concerne les délais de prescription en France, les lois ont changé. D'une manière générale, toutes les personnes nées après le 11 mars 1976 bénéficient de la nouvelle prescription de 20 ans. Nés avant, le délai de prescription est et reste de 10 ans.

    Malgré la prescription, vous pouvez en effet écrire une lettre au Procureur de la République en détaillant au maximum les faits. Suite à cette lettre, le Procureur peut :

    - soit, classer votre dossier sans suite. L'agresseur peut tout de même être convoqué car la plainte fait office de signalement.
    - soit, s'il trouve des éléments compromettant pour l'agresseur (notamment si dans son entourage, celui-ci est en contact avec d'autres personnes pouvant être à nouveau agressées) le Procureur peut demander aux policiers une enquête complémentaire. Lors de cette enquête, vous pourriez être convoqué ainsi que votre agresseur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://utopia.forum-motion.com
Last.blessing
Linked by Fate Wolf.
[♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ]

avatar

Messages : 173
Date d'inscription : 16/10/2010

Feuille de personnage
Etoiles collectees:
0/100  (0/100)
Informations sur votre personnage:

MessageSujet: Re: Viol et abus sexuel.   Dim 17 Oct - 2:08

PLAISIR SUBI LORS D'UN ABUS


    Témoignage sur Doctissimo :

    Les victimes peuvent parfois ressentir du plaisir physique dans l'abus. Et oui, l'agresseur n'est pas systématiquement brutal, et il arrive que le corps réponde à la sollicitation... En aucun cas, cela est synonyme de consentement. Puisque l'éventuel plaisir vient une fois le refus (ou l'impossibilité de consentir) ignoré par l'agresseur...

    Mais pour beaucoup d'entre elles, cela est très culpabilisant, source de honte. Entre autres parce que le phénomène est très mal connu et que l'on ne s'imagine pas qu'il est en fait courant. Aussi parce que dans la sexualité, le plaisir est positif, recherché, et il rime avec épanouissement. Mais avec quoi rime-t-il dans le viol ou l'agression?

    Pour moi, ce plaisir subi, c'était la trahison de mon corps. Je me sentais réduite à l'état d'animal qui répond à un stimulus, en dépit d'un contexte qui dégoûtait mon coeur et mon esprit au plus haut point. Alors je me dégoûtais d'autant.
    Et je n'ai pas seulement ressenti un plaisir que l'on pourrait qualifier de passif. Il est aussi arrivée que je sois active dans ce plaisir. Berk, culpabilité, honte. Encore plus. Mais on peut être "actif" dans un viol (fellation imposée par exemple), ça ne veut pas dire qu'on l'a voulu. Et ben là, c'est pareil.

    A un certain point, mon (second) agresseur me laissait le "choix" entre faire ce qui m'apportait du plaisir et le laisser faire autre chose. Je choisissais alors la première option au menu. Je m'en suis sentie très coupable, car dans ma tête ça revenait à dire que je tirais partie de la situation et qu'elle m'apportait quelque chose, donc que ce n'était pas de l'abus.
    Et bien oui, je tirais partie d'une situation folle et insupportable. Je me donnais ainsi l'illusion d'être maître de ce qu'il se passait. Et même, je me mentais à moi-même en me disant que je le voulais bien, et que donc ce n'était pas de l'abus... ainsi, mon frère n'était pas un salaud de violeur. Façon de se protéger face à ce que l'on ne parvient pas à éviter.
    En un sens, je me souviens que j'avais la même "stratégie" avec l'autre (le premier). Lui ne m'apportait pas de plaisir - pas que je me souvienne en tous cas -, que de la douleur. Je me souviens que je priais pour qu'il ne fasse rien jusqu'au dernier moment. Je voyais bien que l'inévitable allait se produire, et juste avant qu'il n'arrive, je choisissais d'abandonner toute volonté de refus. Façon de m'épargner l'angoisse et la peur. Traduit en discours intérieur, ça donnerait "et bien puisque c'est ainsi, vas-y, je suis d'accord". Et cela donnait le signal pour pouvoir me barrer de la scène, c'est à dire réaliser la dissociation. Un jour, au sujet de ce faux choix que me laissait mon frère, je me suis demandée : et si j'avais choisi l'autre option (le laisser faire), je me serais sentie comment après? Probablement que je me serais accusée de maso et tutti quanti...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://utopia.forum-motion.com
Last.blessing
Linked by Fate Wolf.
[♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ]

avatar

Messages : 173
Date d'inscription : 16/10/2010

Feuille de personnage
Etoiles collectees:
0/100  (0/100)
Informations sur votre personnage:

MessageSujet: Re: Viol et abus sexuel.   Dim 17 Oct - 2:09

GHB OU DROGUE DU VIOL


    Le GHB ou plus scientifiquement l'acide hydroxybutyrique est plus connu chez le grand public sous l'appellation imagée de "drogue des violeurs". Cette substance n'est pourtant pas récente puisqu'elle a été synthétisée en 1964 par Henri Laborit, le père du premier neuroleptique (largactil).

    Jusqu'à présent, on ne connaissait pas le mécanisme d'action de cette drogue au niveau central. On savait bien qu'elle existait de façon naturelle dans le cerveau mais en très faible concentration. Une équipe franco-britannique vient de publier dans le Journal of Neuroscience (10 décembre 2003) des résultats montrant que les effets physiologiques et comportementaux du GHB sont sous-tendus par le thalamus, une structure clé du cerveau impliquée dans le sommeil.

    De façon plus précise et en faisant de la neurobiologie de base, on peut dire que le cerveau fonctionne avec deux types de substances : les unes excitent les neurones, les autres les rendent zen. L'action de la GHB consiste justement à perturber au niveau du thalamus ce fragile équilibre entre substances excitatrices et inhibitrices. En conséquence, cette rupture d'équilibre entraîne des effets variables selon les doses utilisées.

    A faible dose, le GHB a des effets euphorisants et désinhibiteurs, ce qui a conduit à son utilisation dans un but "récréatif". Des doses plus élevées de GHB entraînent une hypnose associée à une amnésie d'où l'appellation de «drogue des violeurs ».
    Enfin sa consommation non contrôlée comporte d'importants risques de toxicité. De fortes doses peuvent provoquer une dépression respiratoire pouvant conduire au coma.

    Le rôle du GHB dans plusieurs viols perpétrés aux USA et en France est apparu depuis quelques années. Si les américains ont fait tout de suite le tapage médiatique qui leur est caractéristique, les français ont attendu jusqu'en 1998. Au mois de mars 1998, les services de police s'interrogent sur la provenance d'une substance qui défraie la chronique aux USA, suite à une overdose : deux ados ont fabriqué une poudre dans la cuisine familiale et se trouvent en état comateux à l'hôpital de Pennsylvanie. Les enquêteurs découvrent que les gosses ont trouvé la recette de fabrication sur le Web, mais manque de chance le site était anglais. A partir de ce moment, les demandes de renseignements affluent, la presse se mobilisent, la télé se manifeste. Pourtant, il a fallu que les services de Police découvrent un jeune mort par overdose pour que réellement le GHB soit finalement reconnu comme un véritable danger.

    Elle serait responsable de 15% des agressions sexuelles au Québec.

    C'est donc très simple. Le futur violeur verse à l'insu de la victime une dose de GHB dans son verre, l'agresseur n'a qu'à attendre entre 15 et 30 minutes la venue des premiers symptômes. La victime a tout d'abord la sensation d'avoir trop bu, sa vision se rétrécit, son équilibre est gravement atteint et elle n'a plus aucune notion de réalité. La victime est donc tentée de tout accepter, et de suivre n'importe qui, n'importe où.

    Dû à la désinhibition de la victime, et vu qu'elle accepte ce qu'elle n'aurait pas accepté dans une situation normale, le violeur est déresponsabilisé. Le viol, c'est d'ailleurs dans le mot, est associé à la violence. Le violeur « ancienne méthode » s'attaque donc à la fille dans une ruelle et s'ensuit généralement une pénétration forcée. Avec le GHB ce n'est pas le cas, l'usage de la violence n'est souvent pas nécessaire. La relation sexuelle paraît donc tout à fait normale et s'ensuit une non-culpabilisation du violeur. Or ce n'est pas le cas : la relation est forcée puisque facilitée par l'usage d'un stupéfiant. De plus, ceci est aggravé par la préméditation du crime. En effet, si un individu verse ce produit dans le verre de sa victime, c'est donc bien qu'il pense, à l'avance, vouloir commettre le viol. Il ne pourra pas invoquer plus tard la « pulsion » ou l'acte irréfléchi.

    Mais les conséquences des propriétés et des effets de cette drogue ne s'arrêtent pas là. Dans un premier temps, les traces du GHB dans l'organisme disparaissent au bout de 12 à 48 heures. Dans un second temps, la victime ne se souvenant généralement de rien, comment poursuivre le violeur ? « Y'a t-il d'ailleurs vraiment eu viol ? » est tentée de se dire la victime. La femme violée a donc un sentiment de culpabilité et n'ose pas porter plainte. Comme expliqué plus haut, dans la conscience populaire, le viol est associé à la violence. Ce qui est vrai pour les autres l'est aussi pour la femme violée. Pourtant, le GHB est bien connu des services de police.

    Même s'il est difficile de prouver le viol, si la victime s'y prend suffisamment vite, il est possible d'arrêter le criminel. De même, sans traces de GHB dans l'organisme dû à la rapidité de dissolution, il est maintenant possible de faire des tests d'ADN pour identifier le coupable. La vitesse de réaction est donc primordiale : si l'on a le moindre doute concernant la possibilité d'une agression sexuelle ou l'ingestion de certaines substances, il est important de se présenter dans un hôpital pour y subir des tests.

    Restez vigilant et attentif

    La multiplication des affaires de viols liés au GHB et à ses dérivés est très inquiétant, il est donc recommandé d'ouvrir l'œil et d'être méfiant. Si vous allez faire la fête entre amies et que vous constatez que l'une de vous n'a pas un comportement normal, n'attendez pas que le drame se produise pour intervenir. Autre conseil important, ne quittez jamais des yeux votre verre et n'en acceptez jamais venant d'individus que vous ne connaissez pas ou mal.

    En cas de doutes, abstenez vous. Demandez le soutien d'amis ou auprès des services de l'établissement où vous vous trouvez.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://utopia.forum-motion.com
Last.blessing
Linked by Fate Wolf.
[♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ]

avatar

Messages : 173
Date d'inscription : 16/10/2010

Feuille de personnage
Etoiles collectees:
0/100  (0/100)
Informations sur votre personnage:

MessageSujet: Re: Viol et abus sexuel.   Dim 17 Oct - 2:10

STATISTIQUES


    Au moins 25.000 cas de viols en France chaque année.
    Un peu plus de 8.000 seulement sont recensés "officiellement".

    Âge des victimes au moment de l'agression :

    Adultes (> 18) = 32,7 %
    Ados (15-18) = 11,9 %
    Enfants (< 15) = 45,9 %
    Inconnu = 9,5 %

    Nb : Nombreuses sont les victimes qui appellent adultes pour des faits remontant à l'enfance. Dans 40,9 % des cas, les faits remontaient à moins d'un an ; dans 59,1 %, à plus d'un an.

    Sexe des victimes :

    Sexe féminin : 91,2 %
    Sexe masculin : 8,8 %

    L'âge moyen et l'apparence extérieure dite attirante (beauté) ou séductrice (minijupe, maquillage, talons hauts, ...) ne sont en aucune façon des facteurs déterminants dans le choix par l'agresseur de ses victimes (pas plus que le statut socio-économique : toutes les situations sont représentées), contrairement aux stéréotypes.

    Par ailleurs, dans 74 % des cas, la victime connaît ou connaissait son agresseur (pourcentage qui comprend bien entendu les viols sur mineurs - généralement commis par l'entourage proche - mais aussi les abus sexuels commis par abus de confiance, chantage, menace, surprise, violence par des personnes que les victimes connaissent - conjoint, collègue de travail, proche de la famille, médecin ou soignant, etc). Par voie de conséquence, l'agresseur n'est donc un inconnu que dans 26 % des cas.


ABUS SEXUELS & TCA


    G. Waller a montré que 40% des femmes boulimiques ayant subi une violence sexuelle dans leur enfance ont des comportements de vomissement et des crises de fringale plus importants que les autres, surtout si l’abus sexuel était intrafamilial, violent et/ou précoce (avant 14 ans). On observe dans ces cas une dévoration compulsive, frénétique et autodestructrice (G. Waller, Sexual abuse and the severity of bulimic symptoms, Brit.J.Psychiatry, 1992)

    David M. Dunkley, chercheur psychiatrique et psychologue clinique de l'Hôpital général juif de Montréal, de même que ses collègues ont étudié un groupe de 170 hyperphages et ont découvert que la gravité de leur état - plus grande insatisfaction corporelle et symptômes de dépression - semble liée à des expériences d'abus sexuels ou émotionnels qui remontent à l'enfance et favorisent l'autocritique. Les conclusions de leurs travaux ont été publiées dans le International Journal of Eating Disorders.

    Extrait de « La boulimie : réalités et perspectives », de M. Flament et P. Jeammet :

    Sur 299 patientes boulimiques, 31 (10%) avaient subi des violences sexuelles pendant l'enfance ou l'adolescence, 15 (5%) des manœuvres de séduction incestueuse, et 41 (14%) des situations de rapproché symboliquement incestueux. Au total, 87 patientes (29%) avaient souffert d'une forme d'abus sexuel physique ou psychologique.

    Les score à l'Inventaire de dépression de Beck et à la SCL-90R (notamment les scores factoriels de dépression, culpabilité, panique-agoraphobie, nervosité-irritabilité) sont notablement plus élevés chez les boulimiques victimes d'abus sexuels. Ceci s'accorde avec les travaux qui constataient une fréquence plus élevée de troubles dépressifs et de troubles psychopathologiques en général chez les victimes d'abus sexuels souffrant de boulimie . Une plus forte prévalence de troubles anxieux est constatée, comme dans d'autres études. De plus, dans notre population comme tant d'autres, un certain nombre de conduites pathologiques se retrouvent plus fréquemment chez les victimes d'abus sexuels. Il s'agit essentiellement de troubles évoquant une plus grande impulsivité et un moins bon contrôle de l'agressivité. L'importance de la comorbidité psychiatrique et la multiplicité symptomatique ont été soulignées chez les adultes et les adolescents ayant subi des abus sexuels.

    Un résultat original de notre étude est de montrer, à sévérité égale du TCA lui-même, la moins bonne adaptation socioprofessionnelle des boulimiques victimes d'abus sexuels, retrouvée de manière congruente (Nb : congruente = qui correspond bien) sur plusieurs items (Nb : item dans ce texte = modalité de réponse dans une enquête par questionnaire) explorant les difficultés rencontrées dans ce domaine. Aucune donnée n'existe à notre connaissance sur ce sujet particulier. On pourrait imaginer que cette particularité soit liée à des différences concernant le milieu dont sont issues ces femmes, avec la possibilité d'une occurrence plus importante des abus sexuels dans des milieux défavorisés. Mais les deux groupes de sujets, avec et sans antécédents d'abus sexuel, sont comparables pour le statut social et professionnel des parents et le niveau d'études personnel. De même, les victimes d'abus sexuel n'appartiennent pas plus fréquemment à des familles désunies ou monoparentales. Ainsi, la plus grande difficulté à s'insérer dans la vie professionnelle, et le sentiment d'être en détresse sur ce plan, sont sans doute des signes de troubles psychologiques plus importants. Le fait que ceux-ci s'expriment par une symptomatologie autre qu'alimentaire, invalidante sur le plan relationnel, n'est pas sans incidence sur la stabilité socioprofessionnelle. On peut de même penser qu'il existe chez les patientes victimes d'abus sexuels une tendance plus importante à développer des conduites d'échec et un autodénigrement liés à un sentiment d'indignité persistant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://utopia.forum-motion.com
Last.blessing
Linked by Fate Wolf.
[♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ]

avatar

Messages : 173
Date d'inscription : 16/10/2010

Feuille de personnage
Etoiles collectees:
0/100  (0/100)
Informations sur votre personnage:

MessageSujet: Re: Viol et abus sexuel.   Dim 17 Oct - 2:11

L'article qui suit a été initialement écrit par Jacques et Claire Poujol, conseillers conjugaux et familiaux, à l'usage des thérapeutes, psys et conseillers.

Utile pour tous les professionnels de l'aide mais aussi pour les victimes elles-mêmes, ce texte permet de mieux comprendre l'abus sexuel,
ses conséquences et comment aider une victime à s'en sortir.


    Pour ces hommes et ces femmes meurtris, il y aura toujours un "avant" et un "après" l'abus.

    Notre société préfère souvent méconnaître ce problème, en atténuer la gravité, voire le nier totalement. Ou alors, plein de bonne volonté mais aussi d'incompétence, on propose aux victimes des "solutions" qui ne font qu'aggraver le traumatisme subi.

    Pourquoi une victime a-t-elle tant de mal à parler de ce qu'elle a subi ?

    1. Elle met parfois beaucoup de temps pour réaliser qu'elle a été abusée

    Le temps ne compte pas pour l'inconscient, il s'est comme arrêté pour la victime : c'est souvent l'apparition de symptômes comme la dépression ou des troubles sexuels qui l'incitera à laisser enfin sa souffrance refaire surface et à accepter d'en parler. C'est le premier pas vers la guérison.
    Mais parler de ce traumatisme, prendre conscience de cette vérité : "J'ai été abusée", peut être un choc terrible. Le conseiller aura besoin de tact et d'une grande compassion pour laisser la personne découvrir elle-même et à son rythme, l'ampleur du drame qu'elle a vécu. Il comprendra l'extrême répugnance qu'elle éprouve à admettre que son corps et son âme ont été ravagés. Elle aimerait tant oublier, ne jamais avoir vécu cela, qu'elle se réfugiera de temps en temps dans le déni : "Cela n'a pas pu m'arriver."
    La personne sera encouragée à continuer à parler si vous croyez ce qu'elle dit (elle a absolument besoin de sentir qu'on la croit) et si vous évitez certaines phrases destructrices comme :
    - Il a juste fait une erreur, comme nous en faisons tous.
    - Ce n'est arrivé qu'une fois, après tout.
    - Il est temps que vous tourniez la page.
    - Ça s'est passé il y a si longtemps.

    2. Elle se sent coupable

    Dans son for intérieur, sans même le dire ouvertement, la personne pense :
    - Est-ce que ce n'était pas un peu de ma faute ?
    - Est-ce que je n'aurais pas pu l'éviter ?
    - Est-ce que, placé dans ma situation, quelqu'un d'autre aurait réussi à résister, à se débattre, à s'enfuir ?

    Le psy peut aller au devant des questions qu'elle n'ose pas exprimer en lui demandant :

    - Qui détenait le pouvoir (parental, spirituel, moral, organisationnel, physique, psychologique) ?
    - Qui était l'adulte ? Le repère social ? Le référent ?
    - Qui était l'instigateur, l'organisateur de cet abus ?
    - Qui pouvait y mettre fin ?

    Il peut lui faire comprendre que sa culpabilité est liée au décalage entre son vécu passé (et les raisons pour lesquelles elle n'a pu empêcher d'être abusée : son jeune âge, son ignorance, sa totale confiance) et son vécu actuel, où elle est plus âgée, moins ignorante, moins naïve et où elle sait se protéger.
    Elle se croit coupable parce qu'elle regarde les événements passés avec les yeux de l'adulte avertie qu'elle est aujourd'hui. Or, à l'époque, elle ne possédait pas les protections suffisantes pour empêcher l'abus.
    On peut aussi l'aider à différencier le point faible dont s'est servi le pervers, par exemple un besoin de tendresse tout à fait légitime, une confiance aveugle, et le crime qu'il a commis, en profitant de ce besoin légitime d'affection ou de cette confiance, pour assouvir ses désirs immoraux.
    Déconnecter ces deux éléments est souvent un moment de vérité et un soulagement pour la personne, qui fait son deuxième pas vers la guérison quand elle ne se sent plus responsable.
    Mais le chemin sera encore long jusqu'à la cicatrisation de la blessure. La précipitation et l'impatience sont par conséquent les grands ennemis du conseiller (et du client) dans ce domaine.

    3. Parler peut lui coûter cher

    A chaque fois que la personne abusée se replonge dans l'horreur de son passé, elle doit payer un prix très élevé. En essayant d' "oublier" l'abus, de tourner la page, elle avait construit un certain équilibre, par exemple avec ses proches.
    Si elle décide de faire éclater la vérité, elle risque de désorganiser cet équilibre factice et de susciter des pressions de ses proches. Il se trouve toujours de faux "bons conseillers" soucieux de leur tranquillité et du qu'en dira-t-on, qui l'accuseront de mentir ou d'exagérer, lui reprocheront de réveiller le passé et l'inciteront à oublier, voire à "pardonner" ; le comble est qu'elle risque même d'être perçue comme responsable de l'abus.
    Le psy devra donc la soutenir, l'encourager et assurer sa protection matérielle et psychologique. Il l'aidera à évaluer le prix de la lutte qu'elle devra mener pour sortir du bourbier de l'abus sexuel et à réaliser que son désir de s'en sortir sera souvent contrecarré par ceux qui devraient le plus l'assister : sa famille ou les responsables des institutions.
    Il est à noter que lorsque l'abuseur fait partie d'une institution, quelle qu'elle soit, celle-ci décide souvent, par peur du scandale, de le "couvrir" et donc de rester dans le déni de l'abus, plutôt que de reconnaître publiquement l'existence d'un pervers sexuel au sein de l'institution.
    Il y a un consensus de réprobation sur la personne qui a le courage de remuer ces choses immondes : qu'elle continue à être comme une morte vivante, ce n'est pas grave. Ce qui est le plus important, c'est qu'elle se taise.

    4. Elle souffre de la honte

    Sartre a dit de la honte qu'elle est "l'hémorragie de l'âme". Un abus sexuel marque la personne au fer rouge, la souille, la pousse à se cacher des autres. La honte est un mélange de peur du rejet et de colère envers l'abuseur, qui n'ose pas s'exprimer.
    Le sentiment juste qu'elle devrait éprouver est la colère. Éprouver ce sentiment libérateur l'aidera à sortir de la honte. Il faut parfois du temps pour qu'elle parvienne à exprimer son indignation face à l'injustice qui lui a été faite. Cette expression de la colère pourra se faire soit de manière réelle, face au coupable, soit, si ce n'est pas possible pour sa sécurité personnelle, de manière symbolique. Dans tous les cas, c'est à la victime à en décider.
    La honte est liée au regard que la victime porte sur elle-même ; elle se voit comme souillée à vie. C'est son regard qui devra changer. Elle se pansera en changeant sa manière de se penser.

    5. Le mépris

    Se sentant honteuse, la personne abusée a deux solutions : se mépriser elle-même ou mépriser l'abuseur et ceux qui lui ressemblent. Dans les deux cas, le résultat est le même : elle s'autodétruit, car la haine de soi ou la haine de l'autre sont toutes les deux destructrices.
    Le mépris d'elle-même peut concerner son corps, sa sexualité, son besoin d'amour, sa pureté, sa confiance.
    Ce mépris de soi a quatre fonctions : il atténue sa honte, étouffe ses aspirations à l'intimité et à la tendresse (se mépriser anesthésie le désir), lui donne l'illusion de maîtriser sa souffrance et lui évite de rechercher la guérison de son être.
    Lorsque le mépris de soi est très intense, il peut pousser à la boulimie, à la violence contre soi et au suicide ; dans ces trois cas, la personne châtie son propre corps parce qu'il existe et qu'il a des désirs.

    6. Le véritable ennemi

    Si l'on demande à une personne qui a subi un abus sexuel quel est son ennemi, elle répondra sans doute : "C'est le coupable de l'abus." Cela semble tellement évident.
    La victime a le choix : soit elle combat, en cultivant sa haine envers l'abuseur, en ruminant une vengeance contre lui ; soit elle fuit, en cherchant à oublier, en s'endurcissant pour ne plus souffrir, en se repliant sur elle-même, en devenant insensible, de manière à ne plus ressentir ni émotion ni désir.
    Mais ces deux solutions sont vaines, car l'ennemi n'est pas l'abuseur. Certes, il représente un problème, mais la bonne nouvelle est qu'il n'est pas le problème majeur. Le véritable adversaire, c'est la détermination de la personne à rester dans sa souffrance, dans sa mort spirituelle et psychique et à refuser de revivre. L'ennemi réside donc, paradoxalement, dans la victime elle-même !
    Ce troisième pas vers la guérison est sans doute le plus difficile à franchir. La personne doit comprendre qu'elle a devant elle la vie et la mort, et qu'il n'appartient qu'à elle de rester dans la mort ou de choisir de revivre.
    Lorsque le conseiller sent qu'elle a pris la décision de sortir de la pulsion de mort pour entrer dans la pulsion de vie, il aura alors sans doute l'occasion de parler avec elle des trois grands dégâts que l'abus a produits dans sa vie et qui devront être réparés.

    Les dégâts produits par l'abus sexuel

    Ces dégâts constituent un torrent tumultueux qui balaie tout dans l'âme, et qui inclut : le sentiment d'impuissance, celui d'avoir été trahi et le sentiment d'ambivalence, ainsi que plusieurs autres symptômes.

    1. Le sentiment d'impuissance

    L'abus sexuel a été imposé à la victime. Qu'il se soit produit une fois ou cent fois, avec ou sans violence, ne change rien au fait qu'elle a été dépossédée de sa liberté de choix.

    a. Ce sentiment provient de trois raisons

    - Elle n'a pas pu changer sa famille dysfonctionnelle, s'il s'agit d'un inceste. Ses proches ne l'ont pas protégée comme ils auraient dû le faire, sa mère ou sa belle-mère n'a rien vu ou fait semblant de ne rien voir.
    - Que l'abus ait été accompagné de violence ou non, qu'il y ait eu douleur physique ou non, la victime n'a pu y échapper, ce qui crée en elle faiblesse, solitude et désespoir. De plus, le coupable se sert de la menace ou de la honte pour la réduire au silence et recommencer en toute impunité, ce qui augmente son impuissance.
    - Elle ne parvient pas à mettre un terme à sa souffrance présente. Seule, la décision de se supprimer anesthésierait sa douleur, mais elle ne peut s'y résoudre, alors elle continue à vivre, et à souffrir.

    b. Ce sentiment d'impuissance entraîne de graves dommages

    - La personne abusée perd l'estime d'elle-même, doute de ses talents et se croit médiocre.
    - Elle abandonne tout espoir.
    - Elle insensibilise son âme pour ne plus ressentir la rage, la souffrance, le désir ou la joie. Elle enfouit et refoule dans son inconscient les souvenirs horribles de l'agression sexuelle.
    - A force de renoncer à sentir la douleur, elle devient comme morte. Elle perd le sentiment d'exister, semble étrangère à son âme et à son histoire.
    - Elle perd le discernement concernant les relations humaines, ce qui explique que les victimes d'abus tombent souvent à nouveau sous la coupe d'un pervers, ce qui renforce leur sentiment d'impuissance.

    2. Le sentiment d'avoir été trahi

    Beaucoup de gens ignorent le nom des onze autres apôtres, mais connaissent Judas, le traître. Pourquoi ? Parce que la plupart des gens estiment que rien n'est plus odieux que d'être trahi par quelqu'un qui était censé vous aimer et vous respecter.
    La personne abusée se sent trahie non seulement par l'abuseur en qui elle avait confiance, mais aussi par ceux qui, par négligence ou complicité, ne sont pas intervenus pour faire cesser l'abus.
    Les conséquences de la trahison sont : une extrême méfiance et la suspicion, surtout à l'égard des personnes les plus aimables ; la perte de l'espoir d'être proche et intime avec autrui et d'être protégée à l'avenir, puisque ceux qui en avaient le pouvoir ne l'ont pas fait ; l'impression que si elle a été trahie, c'est parce qu'elle l'a mérité, du fait d'un défaut dans son corps ou dans son caractère.

    3. Le sentiment d'ambivalence

    Il consiste à ressentir deux émotions contradictoires à la fois. Ici, l'ambivalence gravite autour des sentiments négatifs (honte, souffrance, impuissance) qui ont parfois été simultanément accompagnés du plaisir, qu'il soit relationnel (un compliment), sensuel (une caresse), ou sexuel (le toucher des organes), dans les premières phases de l'abus.
    Le fait que le plaisir soit parfois associé à la souffrance entraîne des dommages considérables : la personne se sent responsable d'avoir été abusée, puisqu'elle y a "coopéré" en y prenant plaisir ; le souvenir de l'agression peut revenir lors des rapports conjugaux ; elle ne parvient pas à s'épanouir dans sa sexualité qui est pour elle trop liée à la perversité de l'abuseur ; elle contrôle et même s'interdit le plaisir et donc son désir sexuel.
    Le conseiller doit expliquer à la personne qu'elle n'est pas responsable d'avoir éprouvé un certain plaisir, car il est normal qu'elle ait apprécié les paroles et les gestes de "tendresse" de l'abuseur. C'est la nature qui a donné à l'être humain cette capacité à ressentir du plaisir.
    Ce qui n'est pas normal, c'est la perversion de celui qui a prémédité ces attitudes affectueuses pour faire tomber une proie innocente dans son piège. C'est lui le seul responsable.

    Aider la victime à revivre

    Celle-ci devra cesser d'écouter les voix intérieures qui la maintiennent dans la culpabilité et la honte et se mettre à l'écoute de la voix de la vérité, qui la conduira vers la libération.
    Elle devra aussi abandonner les voies sans issues que des personnes bien intentionnées mais incompétentes (des aidants "peu aidés" !) lui proposent : nier l'abus, le minimiser, oublier, pardonner au coupable sans que celui-ci se soit sérieusement repenti, tourner la page, cesser de se plaindre, etc.
    La voie menant à un mieux-être comprend deux étapes : regarder la réalité en face, et décider de revivre.

    1. Regarder la réalité en face

    La personne devra peu à peu retrouver les souvenirs de l'abus, admettre les dégâts et ressentir les sentiments adéquats.

    a. Retrouver les souvenirs de l'abus

    La victime préfère souvent les oublier, tant cela la dégoûte ou la terrifie. Ou alors elle les raconte froidement, comme si c'était arrivé à quelqu'un d'autre. Mais ce déni est un obstacle à la guérison. L'abus ne doit pas être gommé, mais nommé.
    Avec beaucoup de tact, on l'encouragera à remonter dans le passé, parfois très lointain, car seul un abcès vidé peut cicatriser.
    Le retour des souvenirs refoulés se fera progressivement au cours de la psychothérapie. L'inconscient de la personne collabore activement par le moyen de rêves, ou d'images qui lui reviennent à l'esprit.
    Certains événements font aussi resurgir les traumatismes oubliés, par exemple : une rencontre avec l'abuseur, une grossesse, la ménopause, un autre abus, le fait qu'un de ses enfants atteigne l'âge qu'elle avait lorsqu'elle a été abusée, le fait de se retrouver sur les lieux de l'agression, ou le décès du coupable.

    b. Admettre les dégâts

    Ce retour pénible dans le passé va lui permettre d'admettre les dures vérités suivantes :
    - J'ai été victime d'un ou de plusieurs abus sexuels. C'est un crime contre mon corps et contre mon âme.
    - Etant victime, je ne suis en rien responsable de ce crime, quoi que j'aie pu ressentir.
    - Suite à ces abus, je souffre de sentiments d'impuissance, de trahison et d'ambivalence.
    - Ma souffrance est intense, mais la cicatrisation est possible, si j'admets qu'il y a eu blessure.
    - Cette cicatrisation prendra du temps.
    - Je ne dois pas recouvrir mon passé d'un voile de secret et de honte ; mais je ne suis pas non plus obligé d'en parler au premier venu.

    c. Ressentir les sentiments adéquats

    La culpabilité (qui est un sentiment racket très fréquent ici), la honte, le mépris, l'impuissance, la haine, le désespoir, devront peu à peu être remplacés par les sentiments plus adéquats que sont la colère envers l'abuseur et ses complices, et la tristesse face aux dégâts subis. Cette tristesse ne doit pas mener à la mort, au désespoir, mais à la vie, c'est-à-dire à une foi, une espérance et un amour renouvelés.
    Le conseiller favorisera l'expression de ces deux sentiments, de manière réelle ou symbolique, mais toujours en toute sécurité, à savoir dans le cadre protégé des séances de relation d'aide.

    2. Décider de revivre

    Pourquoi une victime d'abus sexuel devrait-elle décider de revivre, après tout ce qu'elle a souffert et souffre encore ? Tout simplement parce qu'il est meilleur pour elle de choisir la vie et non la mort.
    Choisir de revivre signifiera pour elle :

    a. Refuser d'être morte

    Elle trouve normal de vivre avec un corps et une âme morts ; paradoxalement, cela lui permet de survivre, en ne risquant plus de ressentir la joie ou la douleur.

    b. Refuser de se méfier

    La victime se méfie de tous les êtres humains. Une femme violée, en particulier, voit tout "mâle" comme étant le "mal". Elle devra apprendre à transformer sa méfiance envers les hommes en vigilance, ce qui est tout différent.

    c. Ne plus craindre le plaisir et la passion

    Ces deux éléments la ramènent au drame qu'elle a subi, alors elle les fuit. Ce faisant, elle se prive de ces deux dons.
    Ayant été victime du désir (pervers, mais désir tout de même) de quelqu'un, elle "jette le bébé avec l'eau du bain", c'est-à-dire qu'en rejetant l'abus qu'elle a subi, elle rejette en même temps tout désir, même le sien.
    Elle doit réaliser que ce n'est pas parce que quelqu'un a eu un désir pervers envers elle qu'elle doit désormais renoncer à son propre désir.

    d. Oser aimer à nouveau

    Elle devra progressivement renoncer à ses attitudes autoprotectrices et à son repli sur elle-même pour goûter à nouveau à la joie d'aimer les autres et de nouer des relations chaleureuses et sûres.
    Elle quittera sa carapace pour retrouver un cœur tendre, capable de prendre le risque d'aimer ceux qu'elle rencontre. Elle abandonnera ses défenses, ce qui ne veut pas dire qu'elle ne s'entourera pas de protections. Une protection n'est pas une défense.
    Elle découvrira alors que, s'il est vrai qu'une ou plusieurs personnes l'ont trahie, la grande majorité des autres sont dignes de confiance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://utopia.forum-motion.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Viol et abus sexuel.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Viol et abus sexuel.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pacitel : fin du démarchage téléphonique
» Bouygues Telecom: "Non vous n'êtes pas des pigeons !"
» abus de language de Garmin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Utopia :: [»] SECTION INFORMATIONS SUR LA MALADIE. [«] :: ♥ Fiches pratique.-
Sauter vers: